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Café associatif d’information et de sensibilisation alternatif écologique et citoyen, l’Équitable Café propose des ateliers, projections-débats, cycles d’informations thématiques, rencontres d’auteurs, mais aussi des produits bio, locaux dans une démarche équitable, tout cela dans un lieu collectif et ouvert au grand public.

 

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Balayer devant notre porte : édito

Du 19 septembre au 1° octobre, l’Équitable se pique de féminisme(s)

(et ne compte pas en rester là)

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(affiche par Soya Le Gato)

(Programme complet dispo dans cet article, et événement par événement, dans la rubrique prog’ thématique du site !)

Le féminisme, c’est d’abord une prise de conscience suivie d’une révolte contre l’arrangement des rapports de sexe et la position subordonnée que les femmes occupent dans la vaste majorité des sociétés. Il s’agit aussi d’une lutte pour changer ces rapports et cette situation.

La cause de cette inégalité, c’est le système patriarcal, autrement dit : un système dans lequel les hommes détiennent le pouvoir…

À la racine de ces problèmes, le genre, ou le sexe social : enfermer des individuEs dans des rôles binaires selon leurs attributs sexuels, dès la naissance, et les éduquer comme telLEs. Grosso modo : Tu seras femme et discrète, à l’écoute, jolie, serviable, attentive. Tu seras homme et bricoleur, viril, fort, grande gueule.

Quelques arguments pour ne pas s’en tenir aux théories :

En France, selon les dernières études, les femmes gagnent toujours 24 % de moins que les hommes quand elles travaillent, subissent toujours plus de temps partiels, et consacrent plus d’heures que les hommes au travail domestique (source : Observatoire des inégalités)…

Sans parler des violences conjugales, sexuelles, de la sexualisation du corps des femmes, du harcèlement (à dans la rue, sur Internet, à l’école, au boulot…), et de celles qui, en plus d’être perçues comme femmes et traitées comme telles, subissent en plus le racisme, l’homophobie ou d’autres formes d’oppressions… Et la liste est encore – et malheureusement – longue.

Une définition – forcément rapide, incomplète, non exhaustive – qui serait un terreau commun, sur lequel des individuEs ont trouvé forces et ressources pour mieux vivre et lutter, et à partir duquel de nombreux courants ont vu le jour… Il existe aujourd’hui non pas un, mais des féminismes, et c’est dans cette diversité que l’Équitable vous propose pendant quinze jours de faire bivouac.

2016. Si l’on en croit les partisanEs de cette version 2.0 de la laïcité qui s’étale à longueur de unes dans les kiosques depuis des années (et avec une vigueur renouvelée depuis cet été…) ou dans les discours des politicienNEs les problèmes principaux liés au sexisme seraient tous concentrés sur la tête des femmes musulmanes qui choisissent de la couvrir… Chez les autres, quoi : celles et ceux que l’on ne veut pas entendre ou dont on a peur, parce qu’ilLEs nous semblent trop différentEs

(Tandis qu’à l’Assemblée au mois d’août, un amendement qui vise à rendre inéligibles les députés reconnus coupables de violence est rejeté… alors que 15 éluEs sont présentEs dans l’hémicycle. Le tout dans un silence médiatique assourdissant, en comparaison de la tempête « burkini »).

Nous croyons, nous, que l’oppression des femmes fait système, et donc que le sexisme nous traverse toutes et tous : ce n’est pas parce que l’on est bien intentionné qu’on se libère comme par magie des constructions sociales qu’on a reçu en héritage et des représentations martelées au quotidien par la pub, le monde du travail, les médias, les livres, le cinéma, les jouets, l’école, et souvent aussi dans les milieux militants… et l’homme (ou plutôt : celui qui est reconnu comme homme dans l’œil de son interlocuteur/trice) le plus sympa, attentif et anti-sexiste du monde, qu’il le veuille ou non, bénéficiera toujours de privilèges importants dans le monde qui est le nôtre.

À l’Équitable Café, nous n’échappons pas à ce constat (et c’est valable pour les autres formes de dominations : racisme, homophobie, la liste est trop longue…), et c’est cela que nous souhaitons questionner pendant cette quinzaine : comment prendre en compte les questions – forcément dérangeantes – que posent les mouvements féministes, dans nos vies quotidiennes, dans l’intime, en public, et dans nos projets collectifs ?

Balayer devant notre porte, quoi.

C’est autour de ces questions, et bien d’autres, que nous vous invitons à venir rêver, échanger, râler, partager, inventer… pendant ces quinze jours (ou pour les prochaines années, on compte pas s’arrêter là!).

 

PS, et pas des moindres :

conscientEs que l’évocation d’une oppression souvent violente peut venir remuer et provoquer des émotions douloureuses, nous essaierons – et nous vous invitons à faire de même – d’être attentifs/ves à la répartition de la parole, et au fait que personne ne se sente en danger…

Mais nous sommes faillibles – et pas toujours suffisamment à l’affût – n’hésitez donc pas à venir nous prévenir si quelqu’unE ressent un malaise, ou si une situation vous semble problématique.

Re-PS :

Oui, ce texte (comme d’autres) est féminisé : nous soulignons la présence du féminin quand nous évoquons un pluriel mixte, parce que nous croyons que le sexisme est aussi une question d’imaginaire(s)… Et que la langue française, avec sa règle du masculin qui l’emporte, contribue, parmi bien d’autres facteurs, à nourrir l’invisibilisation des femmes dans nos discours et nos histoires.


ATTENTION //
Certains événements de cette quinzaine (et parfois d’autres au Café) sont proposés en non-mixité choisie : les personnes qui proposent les ateliers et nous autres du Café, choisissons sur certains sujets de proposer des espaces réservés aux personnes partageant des vécus et situations communes.

Face au sexisme, comme à d’autres formes d’oppressions, l’autodétermination des premierEs concernéEs est une évidence pour toute personne éprise d’émancipation et de justice sociale.

La non-mixité choisie est un outil parmi d’autres, qui peut permettre de favoriser l’émergence d’une parole, de gagner en force, en confiance, en complicité, et d’échanger sur des questions souvent sensibles, parfois douloureuses et/ou liées à l’intimité, qui ne s’exprimeraient pas de la même manière en présence de personnes ne partageant pas la situation en question.

Pour plus de précisions, se référer aux descriptions des divers événements. Et bien sûr, en discuter de vive voix pendant la quinzaine 🙂

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