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Bienvenue à l’Equitable Café

Café associatif d’information et de sensibilisation alternatif écologique et citoyen, l’Équitable Café propose des ateliers, projections-débats, cycles d’informations thématiques, rencontres d’auteurs, mais aussi des produits bio, locaux dans une démarche équitable, tout cela dans un lieu collectif et ouvert au grand public.

 

54 Cours Julien 13006 Marseille

L’Équitable Café en danger !

L’Équitable Café en danger !

Musique, bruit, vie sur le Cours Ju, lien social, modèle économique,  le fleuve pas toujours tranquille de l’Équitable Café !

Marseille, le 22 février 2017

 

Aujourd’hui, face à une situation d’alerte, le collectif ressent le besoin de vous écrire.

Déjà, plantons le décor
Samedi 11 février L’Équitable Café a reçu la visite de la police municipale des bars vers 20h. Lors de cette visite, il nous a été enjoint d’annuler le concert prévu à 20h30, ce que nous avons fait.

Le motif principal
Nous avons reçu l’interdiction de proposer le moindre concert amplifié faute de répondre aux exigences administratives en matière de prévention du bruit dans les établissements diffusant de la musique amplifiée. En effet, en vertu des dispositions légales en vigueur sur la législation relatives aux nuisances sonores, chaque établissement qui diffuse de la musique doit obtenir auprès de la préfecture une « autorisation de musique amplifiée » demandée auprès des services municipaux concernés (cette autorisation inclut une EINS Étude d’Impact des Nuisances Sonores et des travaux y afférant).
Ainsi, pour continuer notre projet associatif, tout au long de la semaine nous avons été en contact avec le cabinet de M. Yves Moraine de la Mairie du 6ème et 8ème arrondissement de la ville de Marseille, à qui nous avons fait part de nos difficultés et de l’urgence de la situation. Nous avons reçu M. Schilling, adjoint à la sécurité de ces arrondissements, qui, très aimablement, nous a renvoyé vers les services de Mme Caroline Pozmentier, adjointe à la sécurité de la Mairie de Marseille et responsable de la Police municipale.
Nous lui écrivons, appelons deux fois son cabinet afin de trouver une solution au vu de l’urgence et nous demandons de pouvoir organiser le concert prévu le 18 février – surseoir à une sanction éventuelle – ainsi qu’un délai pour entamer les démarches administratives.

Entre temps, nous nous sommes renduEs au commissariat de police de Noailles afin de vérifier si des mains courantes pour tapage avaient été enregistrées concernant l’Équitable Café. À notre grande surprise, aucune trace de plainte n’a pu être retrouvée. Alors pourquoi une telle démarche entreprise par les services de police ?

Ce vendredi 17 février Mme Pozmentier nous répond : « Il vous appartient de prendre les précautions nécessaires. Il existe des obligations auxquelles vous devez vous conformer ce que malheureusement vous n’avez pas fait. Je ne peux donner une suite favorable à votre demande dans des délais si courts ».
Ce refus face à notre demande est pour nous bien pire qu’une fermeture administrative compte tenu des risques encourus (15 jours de fermeture et 7500€ d’amende).
Agissant ainsi, elle condamne clairement notre modèle économique, et à terme, met gravement en péril le projet associatif et les emplois que nous y défendons. Pour faire court, la vie d’un collectif qui anime le 54 du Cours Julien depuis septembre 2009 !

Pourquoi ?
Éclaircissons la situation par une brève présentation de notre projet pour les gens qui ne nous connaissent pas ou peu : L’Équitable Café est un café associatif citoyen porté par l’association En-Visages depuis 2003 et depuis 2009 au 54 Cours Julien. Ce sont 4 salariéEs, 2 volontaires en service civique, 7 administrateurs/trices, 60 bénévoles, environ 7 000 adhérentEs par an, une lettre d’information hebdomadaire envoyée à plus de 17 000 personnes adhérentes depuis plusieurs années. C’est un lieu d’action sociale, un bar de quartier et un lieu de programmations culturelles.

La majorité des programmations (expositions, débats, contes pour enfants, projections, permanences d’associations de quartier, soirées jeux, etc) se déroule pendant la semaine. Or si nous pouvons autant nous permettre d’ouvrir et partager le lieu de manière gratuite ou à prix libre c’est financièrement en grande partie grâce à la programmation musicale du samedi. Générant la majeure partie des recettes (51% de notre chiffre d’affaires), cette programmation festive compense les activités hebdomadaires qui contribuent entre autres nombreuses choses à tisser du lien social en proposant des activités de qualité accessibles à tous.
En effet, bien qu’ayant choisi et maintenu notre statut associatif depuis le début notre modèle économique repose sur deux fondements indissociables. En premier lieu, les ressources financières générées par les ventes et les adhésions à l’association. Cette dimension entraînant par ailleurs notre assujettissement aux différents impôts commerciaux. Puis, les ressources humaines apportées par un ensemble de personnes soutenant le projet qu’elles soient salariéEs, bénévoles du quotidien ou plus ponctuellement, services civiques…
Dans ce modèle, la place des financements extérieurs est minime et constituée principalement d’aides à l’emploi. La raison de ceci est la même que celle qui nous maintient aux marges de la conformité réglementaire : nous ne rentrons pas dans les cases existantes.
Cet équilibre précaire nous oblige à une remise en question permanente que nous revendiquons. Nous sommes un lieu d’expérimentations économiques et sociales.
Et pourtant, cette semaine, mais également depuis longtemps nous faisons preuve de bonne volonté face à une situation qui nous semble inextricable.
Nous avons été honnêtes et transparentEs avec les autorités en demandant ce délai à la Mairie et en ne niant pas nos responsabilités dans ce domaine.

À ce propos, depuis quelques années, nous veillons particulièrement à limiter nos nuisances liées à l’activité économique (aménagements divers).
De plus, concernant les nuisances relatives aux comportements de nos adhérents (rassemblement devant le café), nous pensons qu’une AOT (Autorisation d’Occupation Temporaire), pour l’aménagement d’une terrasse qui nous est refusée depuis deux ans, serait la manière la plus judicieuse pour gérer les mouvements de personnes devant le café.

Nous cherchons à répondre aux normes sonores, malgré l’enjeu périlleux pour notre lieu. Le coût de l’étude des travaux ainsi que le temps de ces derniers, pendant lesquels l’activité économique sera suspendue nous engage financièrement à fragiliser voire même repenser notre modèle économique. Il suffit simplement de regarder notre bilan comptable sur notre site (275 € de bénéfice en 2015).
Cela pose également la question de notre projet associatif, de la définition actuelle du lieu et ce que nous en faisons en termes d’accès au plus grand nombre.
Car nous sommes un lieu de culture populaire, ce que nous défendons chaque samedi en accueillant des musicienNEs non professionnelLEs, locaux et pour lesquels l’accès aux salles même moyennes n’est pas toujours aisé.

Véritable « épée de Damoclès », cette exigence administrative de « musique amplifiée », qui entraîne des coûts structurels d’équipement, est également menaçante en terme de sanction. Plus généralement, lourde à porter pour tous ces « petits lieux » marseillais qui proposent une culture populaire et animent les quartiers du centre ville. Lieux dont le prix libre et la gratuité forment leur autofinancement !

Il y a bien péril en la demeure au 54 Cours Ju !

Aujourd’hui, et plus que jamais, nous avons besoin de votre soutien, déjà si souvent témoigné par le passé. Il est nécessaire d’agir ensemble pour sortir de cette situation inquiétante.
Très simplement, nous collectif de l’« Équitable Café », sommes toujours ouvertEs au dialogue malgré ce refus initial qui nous condamne. Parce que nous sommes un lieu atypique et singulier nous réitérons nos souhaits aux éluEs municipaux marseillais en demandant un délai pour surseoir à des sanctions concernant la législation sur les nuisances sonores ; afin d’entreprendre les études d’impact nécessaires aux éventuels travaux. Enfin, nous leur demandons plus de temps dans le but de trouver les financements, ainsi que l’énergie indispensable pour nous permettre de continuer à faire vivre ce projet associatif avec vous toutes et tous !

 
Pour plus d’informations et pour toutes questions, merci de nous écrire à : envisages@equitablecafe.org … Nous pourrons ainsi vous orienter vers celles et ceux d’entre nous qui seront le plus à même de vous répondre.

Commentaire

  • missjwl
    1 avril 2017 à 9h50

    Je n ai pas souvent l occasion de passer, mais j ai bien aimé l esprit du lieux! Pourquoi ne faites vous pas appel à des coup de main bénévoles? Il y a certainement du savoir faire chez 7000 adhérents!? Et chez Kiss kiss ou autre réseau de crowfunding pour dénicher un peu de fonds pour l insonorisation? Pour le reste, après…

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